Présentation des Mondes Britanniques

 

Pourquoi les îles Britanniques ? Un problème institutionnel

 

L es îles Britanniques, et plus particulièrement l’Angleterre, ont longtemps été un domaine de recherche important pour les historiens français. Une bibliographie considérable, dont ressortent des noms illustres, à commencer par celui d’Henri Wallon, mais comprenant les noms des médiévistes André Réville, Charles Bémont, Charles Petit-Dutaillis, Jacques Boussard et Édouard Perroy, ou des modernistes et contemporanéistes Daniel Halévy, Roland Marx ou François Bédarida pour ne citer que les plus connus, témoigne de la vitalité et du dynamisme d’une école historique dont l’influence s’est faite largement sentir. Jusqu’au récent travail de François-Olivier Touati1, on minorait par exemple l’importance des contacts de Marc Bloch avec les historiens anglais, contacts auxquels il s’était préparé dès son séjour à l’École Normale Supérieure, comme l’ont prouvé ses fiches d’emprunt à la bibliothèque, et qui devaient aboutir à sa participation à la Cambridge Medieval Economic History et à une amitié fructueuse avec des personnalités comme Maurice Postan ou Eileen Power. On a aussi oublié les liens étroits et féconds qu’entretenait avec l’Angleterre un André Siegfried dans le domaine des sciences politiques et de l’histoire contemporaine. François Crouzet, dont nous déplorons tous la récente disparition a peut-être été le dernier témoin de cette brillante 1 F.-O. Touati, Marc Bloch et l’Angleterre, Paris (La Boutique de l’Histoire), 2006. 2 tradition qui s’est assez brutalement interrompue après la seconde guerre mondiale, en dépit de ses efforts et de ceux d’Édouard Perroy et de François Bédarida, dans une remarquable corrélation avec un regain d’intérêt pour l’historiographie et l’histoire germaniques. Le phénomène est d’autant plus frappant que les écoles historiques américaines et britanniques ont conservé un intérêt marqué pour l’histoire de la France ou pour l’historiographie française, symbolisé par l’existence de deux revues internationales, French History et French Historical Studies, classées en rang A et B dans le classement de la Fondation Européenne pour la Science. Nombre de grands historiens britanniques d’aujourd’hui, occupant des postes essentiels, sont des spécialistes de la France ou de telle ou telle de ses régions : Christopher Allmand, David Bates, Anne Curry, Michael Jones, Daniel Powell, Graeme Small, Malcolm Vale ou Nicholas Vincent chez les médiévistes, Joseph Bergin, Richard Bonney, Mark Greengrass, Owen Hulfton, Robert Knecht chez les modernistes, Linda Clark, Martin Cornick, Robert Gildea, Colin Jones, Mark Philp, Siân Reynolds ou encore Richard Whatmore chez les contemporanéistes, pour ne s’en tenir qu’à quelques noms … L’intérêt de la recherche historique française pour les îles Britanniques a progressivement décliné après la guerre et a pris l’allure d’une véritable désertification dans les années 1980 et 1990, malgré les efforts des historiens travaillant sur cette aire géographique. Encore ont-ils pris la plupart du temps la précaution de ne lancer des étudiants que sur l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande, le Pays de Galles ou l’empire colonial britannique demeurant le plus souvent hors du champs des chercheurs français2 - situation qui est heureusement entrain de changer. Et, quand bien même un jeune historien avait réussi à obtenir son doctorat, encore lui fallait-il être élu sur un poste universitaire : ne bénéficiant pas de l’appui de ces amicales informelles que sont les réseaux des établissements français à l’étranger, leurs dossiers ont trop souvent été écartés par des collègues qui, maîtrisant plus ou moins l’anglais mais peu au fait de l’extrême richesse et de la complexité de l’historiographie britannique, pensaient pouvoir facilement l’enseigner. Seule l’histoire médiévale a un peu échappé au marasme ambiant, mais uniquement en raison de la situation particulière de la Normandie, de l’Aquitaine, et de leur appartenance à l’empire Plantagenêt. La situation semble cependant évoluer depuis la fin des années 1990, en partie en raison des efforts du GDR France-îles Britanniques n°2136, créé en 2000. Les jeunes étudiants des années 1990, dont le GDR a brisé l’isolement, sont aujourd’hui habilités et élus sur des chaires universitaires (Pascal Brioist, Philippe Chassaigne, Edmond Dziembowski, Véronique Gazeau, Charles Giry-Deloison, Frédérique Lachaud, Liliane Pérez, François-Joseph Ruggiu), dont certaines sont libellées en histoire des îles Britanniques. Les thésards des années 2000, dont le GDR a soutenu les thèses, ont été recrutés, avec plus ou moins de difficultés, au CNRS (Aude Mairey) ou dans les universités (Jean-François Dunyach, Alban Gautier, Stéphane Jettot, Cédric Michon, Renaud Morieux, Julien Vincent …). L’amélioration de la situation est attestée par le fait que certains chercheurs, autrefois centrés sur la France, intègrent à présent les îles Britanniques dans leur réflexion et s’engagent (Philippe Minard, Vincent Denis) sur la voie de l’analyse comparée. Parallèlement, une nouvelle génération de doctorants, relativement nombreuse, s’apprête à assurer la relève (Fanny Madeline, Solange Rameix, David Richardson, Harmony Dewez, Olivier Spina …). Une nouvel ensemble de manuels, rédigés par des historiens français, a pu prendre le relais du classique « Collection U » de Roland Marx, longtemps seul maître du terrain3. Enfin, des structures se créent et se 2 Il y a quelques exceptions : la thèse d’Olivier Viron, De la société clanique à l’État monarchique : l’évolution du pouvoir royal en Irlande entre les VIIIe et le XIIe siècle, soutenue en 2003 ; et en histoire du droit, Christophe Archan, Les chemins du jugement. Procédure et science du droit dans l’Irlande médiévale, Paris, De Boccard, 2007, une thèse soutenue en 2001 à Paris X. 3 Par exemple, F.J. Ruggiu, L’Angleterre des Tudors aux premiers Stuarts, 1509-1660, Paris, 1998 ; Philippe Chassaigne, Histoire de l’Angleterre, Paris, 2001 ; B. Cottret et alii,, Histoire du Royaume-Uni. Une anthologie 3 développent, qui témoignent elles aussi, comme le Séminaire franco-britannique d’histoire, organisé en collaboration par l’Université de Paris IV-Sorbonne et l’University of London Institute in Paris (ULIP), un réseau d'historiens franco-britanniques d'histoire culturelle4 ou encore le PRI îles Britanniques de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, d’un regain d’intérêt du côté français pour l’histoire des îles britanniques. Ces avancées sont cependant fragiles – il est clair que le temps d’une revue française d’histoire britannique n’est pas encore venu ! – et elles restent largement à consolider par le biais d’un Groupe de Recherches du CNRS. Quelques indices prouveront cette nécessité d’un soutien encore actif du CNRS. La recherche française sur les îles Britanniques reste d’abord centrée sur l’Angleterre. Le déséquilibre apparent au profit de son bastion historique, le Moyen Âge, n’est qu’apparence, même s’il est important de considérer une recherche sur l’aire des pouvoirs Plantagenêt comme impliquant nécessairement un volet proprement anglais, et l’histoire contemporaine reste très mal représentée. Ensuite, elle a du mal à former des historiens uniquement spécialistes des îles Britanniques. Certes, les chercheurs qui font de l’histoire comparative franco-anglaise (comme Liliane Pérez, François-Joseph Ruggiu) sont relativement nombreux, comme le sont ceux qui s’intéressent aux relations entre les deux pays, en particulier sur le plan diplomatique ou culturel, mais peu travaillent à partir de sources et sur des thématiques exclusivement britanniques, comme cela existe pour l’histoire italienne, espagnole ou allemande. La mention de ces trois pays n’est pas ici fortuite. Le Royaume-Uni est le seul des grands pays européens où les historiens français ne disposent pas d’un relais efficace au même titre que la Mission Historique Française en Allemagne à Francfort (sans parler du Centre Marc Bloch à Berlin), la Casa de Vélasquez à Madrid ou l’École française de Rome. L’enchérissement incessant du coût de la vie à Londres, une des premières villes-monde du XXIe siècle, ou encore la difficulté de pénétrer un système d’archives très différent du nôtre, car mis en place à une période différente (la seconde moitié du XXe siècle seulement pour les archives régionales, très sous-exploitées) et dans une perspective différente, sont autant d’obstacles qui ne peuvent être facilement levés malgré le désintéressement et l’engagement des doctorants, qui doivent souvent accepter des conditions de travail réellement précaires pour aller travailler outre-Manche. À l’exception des étudiants normaliens, qui peuvent bénéficier d’un lectorat, les étudiants français doivent s’engager dans les circuits anglais pour travailler et séjourner dans de bonnes conditions. Ceux-ci sont d’ailleurs très accessibles : mais ils impliquent que les étudiants soient dégagés de toute obligation avec l’Éducation Nationale, ce qui ne convient qu’à une minorité d’étudiants. Les trois doctorants envoyés par Jean-Philippe Genet à Oxford (où la co-tutelle est impossible) y ont fort bien réussi … mais y sont restés, c’est-à-dire qu’ils ont poursuivi une carrière à partir de ce doctorat en Angleterre ou aux États-Unis et n’envisagent pas de revenir en France.

 

Une urgence historiographique

 

La création d’un GDR sur les îles Britanniques s’inscrit par ailleurs dans la dynamique institutionnelle actuelle. Le faible nombre des historiens (« civilisationnistes » compris) qui travaillent sur les îles britanniques interdit la constitution d’un laboratoire dédié exclusivement à l’histoire de cette aire. Et à l’heure où les instances universitaires favorisent du XVIe au XXe siècle, Paris, Bréal, 2001 ; J.-Ph. Genet, Les îles britanniques des origines à la fin du Moyen Âge, Hachette, Paris, 2005 ; F. Bensimon, F. Lachaud, S. Lebecq, F.-J. Ruggiu, Histoire des îles Britanniques, par, Paris, Presses Universitaires de France, 2007. 4 Ses responsables sont Michael Kelly, Martyn Cornick, Debra Kelly, Diana Cooper-Richet et Michel Rapoport. Il a depuis 2004 organisé colloques et journées d'études annuelles alternativement en France et en Grande- Bretagne; la prochaine est à Londres en novembre sur les revues françaises et britanniques. Citons également le groupe de recherches ANR dirigé par Ann Thomson portant sur les échanges culturels et intellectuels transmanche au XVIIIe siècle, qui vient de s’achever en 2010 par une publication-bilan aux Presses de l’Université d’Oxford (voir infra). 4 le regroupement des équipes en ensembles de plus en plus étoffés mais aux thématiques de plus en plus hétérogènes, il est essentiel que les historiens des îles Britanniques puissent trouver un lieu où se rassembler, échanger, et surtout maintenir le contact avec leurs partenaires outre-Manche. Le nombre d’équipes prêtes en 2009 à s’engager dans un tel GDR, qui est sans commune mesure avec celui de celles qui étaient inscrites dans le projet de 2000, est d’ailleurs une marque à la fois du succès des opérations précédentes et de la nécessité de son existence. La création d’un GDR doit être aussi un vecteur d’interdisciplinarité. Le début des années 2000 a, en effet, été marqué par le rassemblement réussi de l’ensemble des historiens des îles Britanniques, au-delà des barrières de période ou de thématique, dans la mouvance du GDR n°2136. Il s’agit désormais de favoriser d’autres rapprochements. Le premier est celui entre les historiens des UFR d’Histoire et ceux de leurs collègues qui enseignent dans les UFR de Langues et de Civilisations anglo-saxonnes au sens le plus large possible (Karine Bigand, Robert Mankin, Anne Thomson, par exemple). Les notions mises en avant par ce projet, celle d’identité, par exemple, et son rapport avec les phénomènes de langue (axe 1) et celle de transferts culturels (axe 2), incitent à s’engager dans cette direction. Un second rapprochement est celui qui doit être mené avec les historiens du droit5. Les historiens prennent, en effet, de plus en plus conscience de la nécessité absolue de connaître les fondements juridiques des statuts des personnes pour comprendre le jeu des rapports sociaux. Les comparaisons entre la France coutumière et l’Angleterre d’une common law qui puise une partie de ses racines dans la France de l’Ouest peuvent alors être extrêmement fructueuses : l’une des conférences organisées dans le précédent GDR avait montré à quel point la différence apparue dès le XIIe siècle, accentuée ensuite par l’inégalité de l’influence et de l’empreinte du jus commune et du droit romain en France et en Angleterre puis définitivement consacrée par les grandes réformes napoléoniennes restait aujourd’hui encore l’une des grandes lignes de partage de l’ensemble européen6. En outre, le droit et les professionnels du droit ont joué, dans un pays comme dans l’autre un rôle central dans l’évolution des structures sociales. Le troisième rapprochement concerne l’histoire de l’art – l’Angleterre, sans même parler des îles Britanniques, est traditionnellement négligée dans l’enseignement artistique français (quel que soit le domaine considéré : peinture, sculpture, gravure et musique…). Le récent numéro de la revue Perspectives (2007-2 dont l’éditorial s’intitule : « Pourquoi s’intéresser à l’art anglais ») est un encouragement à insister dans cette direction, déjà suivie par plusieurs modernistes ou contemporanéistes (Isaure Duvauchelle, Pascal Dupuy), qui travaillent sur des arts souvent considérés comme mineurs : caricatures, mobilier d’art. On peut aussi attendre de l’existence d’un GDR Mondes Britanniques un renforcement des contacts entre historiens et historiographies. Les historiens français commencent ainsi à prendre conscience de leur isolement croissant vis-à-vis des grands courants de la recherche internationale. A de rares exceptions près, les tournants épistémologiques des années 1990 et 2000 comme le lancement des nouvelles thématiques internationales n’ont pas été le fait d’historiens français. L’exemple de l’histoire atlantique, qui connaît depuis dix ans un succès fulgurant en Amérique du Nord, dans le monde caraïbe et dans certains pays européens, alors que la France en découvre seulement l’existence, est frappant mais nous pourrions aussi évoquer la difficulté de l’histoire du genre et des femmes à s’implanter en profondeur dans le paysage historiographique français ou de l’histoire coloniale à se renouveler à la lumière des 5 Voir à ce propos la conférence Writing Legal History. Breaking out of National Frameworks (France and U.K.) organisée à la Maison Française d’Oxford en mai 2010 et les efforts de la revue électronique en ligne Clio@Themis pour développer l’histoire comparative du droit. 6 Droit et société en France et en Grande-Bretagne (XIIe-XXe siècles). Fonctions, usages et représentations. Actes du colloque franco-britannique de Bordeaux, 28-29 septembre 2001 organisé par le GDR 2136 (CNRS) France-Îles Britanniques, dir. J.-Ph. Genet et Ph. Chassaigne, Publications de la Sorbonne, Paris, 2003. 5 post-colonial studies. Les historiens français peinent à suivre le mouvement sans doute en raison de pesanteurs institutionnelles mais aussi parce que les lieux de contact entre la recherche anglo-saxonne, qui s’affirme, qu’on le veuille ou non, et sans doute pour quelques décennies encore, avant que d’autres puissances régionales ne viennent en contester la suprématie, comme un standard international, manquent. En particulier, les historiens britanniques ont su conserver tous les avantages scientifiques d’un empirisme précis et rigoureux, tout en les valorisant par une réflexion théorique qui est souvent beaucoup plus poussée que celle dont s’enorgueillissent pourtant les historiens français, une réflexion qui trouve d’ailleurs souvent ses racines en France ! Les mêmes observations pourraient être faites dans le domaine de l’histoire culturelle (y compris l’histoire des sciences et celle des techniques, particulièrement florissantes outre-manche) et des différents mouvements issus du linguistic turn. Inversement, certains mouvements nouveaux dans l’historiographie française sont loin d’être appréciés à leur juste valeur en Grande-Bretagne : l’introduction des approches sociologiques dans le domaine culturel qui a pourtant donné lieu à Londres à une importante réunion autour des deux personnalités majeures d’Eric Hobsbawm et de Pierre Bourdieu7, ou encore la nouvelle histoire quantitative (y compris la linguistique quantitative), largement ignorée des méthodologies britanniques. Les actions du GDR 2136 ont permis, en particulier lors de la série des colloques annuels8, la confrontation entre les chercheurs français spécialistes des îles Britanniques et les Anglophones spécialistes aussi bien des mondes anglo-saxons que de la France. Les historiens britanniques semblent également désireux d’ouvrir des passerelles vers l’histoire de l’Europe, comme le prouvent par exemple les livres récents de Jonathan Scott, ou de Jonathan Israel9, et de mieux inscrire l’histoire des îles Britanniques dans une perspective européenne et comparative. Cela implique d’ailleurs que le GDR Mondes Britanniques s’ouvre aux pays limitrophes, en particulier les Pays-Bas (bourguignons, espagnols, et, enfin, autrichiens), les Provinces-Unies voire les pays scandinaves. A une échelle plus locale, se dessine aussi la nécessité d’aller au-delà de l’Angleterre pour s’intéresser d’abord à l’Écosse et à l’Irlande où se développe une historiographie extrêmement dynamique. Les historiens écossais ont récemment renouvelé ses approches de l’État Stuart, de la constitution du Royaume-Uni de Grande-Bretagne, de la participation écossaise à la formation de l’empire britannique (Thomas Devine). Comme en témoignent des publications récentes10, les historiens écossais sont ainsi mieux intégrés aux réseaux de l’histoire atlantique que les historiens français ! Enfin, le GDR sera particulièrement sensible à l’émergence des nouveaux thèmes de recherche comme le GDR n° 2136 l’avait été par exemple pour le droit (colloque de Bordeaux) ou pour l’étude des archives et de leurs constitutions (colloque de Londres et d’Oxford11). C’est le cas des paysages et de l’environnement, qui font actuellement l’objet d’études de premier plan en Europe12 et auxquels Charles-François Mathis vient de consacrer une thèse remarquée. C’est le cas aussi de l’histoire des sciences et surtout des techniques qui 7 Anglo-French attitudes. Comparisons and transfers between English and French intellectuals since the eighteenth century, édité par Ch. Charle, J. Vincent et J. Winter, Manchester, 2007. 8 La bibliographie la plus récente se trouve dans le dernier colloque à avoir été publié, Les idées passent-elles la Manche ? Savoirs, représentations, pratiques, Xe-XXe siècles), dir. Par J.-Ph. Genet et Fr.-J. Ruggiu, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2007, p. 397. 9 Jonathan Scott, England's troubles : seventeenth-century English political instability in European context, Cambridge, Cambridge University Press, 2000 ; Jonathan Israel, Radical enlightenment : philosophy and the making of modernity, 1650-1750, Oxford, Oxford University Press, 2001. 10 Allan McInnes et Arthur H. Williamson, Shaping the Stuart World, 1603-1714. The Atlantic Connection, Leyde, Brill, 2006. 11 À paraître en octobre 2010 aux publications de la Sorbonne. 12 Voir le livre de F. Walter, Les figures paysagères de la nation : territoire et paysage en Europe, 16e-20e siècle, Paris (Éd. de l'École des hautes études en sciences sociales), 2004. 6 met, depuis une vingtaine d’années, la notion de transferts au coeur de ses analyses (Pascal Brioist, Liliane Pérez, Christelle Rabier). La question des langues de l’échange culturel est également en plein développement comme l’atteste d’ailleurs l’intervention sur le champ d’acteurs prestigieux comme Peter Burke13. Enfin, le développement exponentiel, pour des raisons à la fois scientifiques et sociétales, des études coloniales pourra être un domaine privilégié d’études comparées franco-britannique aussi bien à la période moderne qu’à la contemporaine.